Congrès étudiant : le mauvais élève du 0 déchet

Il faut absolument que j’écrive un article sur le congrès duquel je rentre (avec des cernes grandes comme ma valise) ! En vrai c'était une petite valise...

 

Avant d'aller plus loin, je précise qu'il s'agit d'un congrès national organisé par les étudiants et pour les étudiants qui viennent de toutes les écoles de France pour suivre des formations, participer à des tables-rondes, assemblées associatives, etc. Je tiens à signaler que ce genre d'évènement est incroyablement intéressant, utile pour les futurs professionnels et j'encourage tout étudiant intéressé par sa future profession à s'y rendre.

Le problème est qu'on ne peut pas le financer seul, que les Universités nous aident peu ou pas et que l'organisation est entièrement dépendante des dons des partenaires.

Vous devinerez vite qui est prêt à donner de l'argent à des futurs professionnels de santé : banques, assurances, mutuelles, laboratoires et industries agro-alimentaires... Je crois que j'ai fais le tour de 98% du financement... Le but de cet article n'est pas de dénoncer le positionnement stratégico-politique de ces structures et les conflits que cela peut générer... mais bien l'environnement marketing et tout jetable ! 

 

T’arrives et les organisateurs te disent : "voilà bienvenue", en te tendant un tote bag plein à craquer (qui se trouve lui même dans un sac de course énorme)... Et t’as que des trucs qui te servent à rien sauf ton badge et le programme. J’ai réussi à me délester d'un certain nombre de choses inutiles en faisant quelques dons à droite à gauche mais le mal était déjà fait ! Ce type d'évènement est une tribune pour eux et ils l'utilisent pour déverser leur prospectus, échantillons et goodies, or cette tribune a aujourd'hui besoin d'eux pour exister.

 

Pour info, j’ai rapporté ma peau de banane pour la composter. Elle a attendu trois jours dans mon sac mais vu son degré de murissement initial, je ne laissais pas une odeur de banane sur mon passage.

 

Autopsie du sac de goodies  :

  • Une balle anti-stress ;
  • Un porte-clé d’une mutuelle, (particulièrement moche mais avec lumière intégrée, restons positifs) ;
  • 4 Stylos (emballés individuellement dans un sachet plastique, l'un d'entre eux est composé à 39% de matières recyclées) ;
  • Un préservatif féminin triplement emballé (pour vous faire passer l'envie de ...) ;
  • Un kit en plastique de bureau (dans une boite en blister, elle-même emballée de plastique) : mini rouleau de scotch sur un support en plastique, mini agrafeuse en plastique, mini taille-crayon, mini ciseaux mais je pense que je ne pourrais pas les utiliser parce que mes doigts rentrent pas dedans, trombones noires, on ne sait pas pourquoi ils sont noirs, ça nous perturbe.
  • Biberon en plastique emballé dans son plastique avec notice d’utilisation (l’emballage est 4 fois trop grand), on le donnera peut-être dans une grati-feria (ou on le garde dans le placard quelques années …)
  • 2 Éco-cup, le seul truc à peu près écolo de l’affaire (et encore, on n’a pas creusé la méthode de production des éco-cup) ;
  • Un stabilo porte-clé (on a mis 5 minutes à comprendre ce qu’était cet objet oblongue et bleu, une lampe ? Un suppositoire géant ?) ;
  • Un bloc-note à l’effigie d'une l’assurance professionnelle dont on taira le nom ;
  • Des prospectus de tous types : location de tire-lait ;  gamme d’une marque de produits de massage, tisanes … avec un échantillon (tisane emballée dans un sachet plastique et collée grâce à un truc gluant : tisane allaitement, joie) ; 4 prospectus de la même assurance (why ?), "je ne sais pas si il y a des trucs collés à l’intérieur ou un biberon en origami, apparemment non" ; laboratoire de produits hyper-transformés destinés à nourrir les enfants (j’ai pas trop confiance, mais tu peux parrainer quelqu’un, il y a un code promo, on peut essayer de shouter nos profs au lait maternel, ça peut être drôle).
  • Échantillon d’huile de massage : "j’ai hésité à récupérer un litre d’huile de massage en prenant un carton d’échantillon de 2 ml mais je me suis rappelé qu’on était 0 déchet et qu’il vaudrait mieux acheter une bouteille, mais bon c’est marqué qu’ils sont « bio depuis toujours » donc c’est des gentils".
  • Un carnet rouge tout doux format A5 (par étudiant les gars ! Vous imaginez le budget ? Ils sont fous ces sponsors).
  • Une revue professionnelle des sage-femmes ;
  • Un pins de l’événement, emballé dans du plastique (est-ce nécessaire ?) ;
  • Le guide technique des associations étudiantes pour le développement durable (logique, non ?), bourré de bonnes intentions (va travailler en vélo et recycle ton papier :D ! )
  • Un deuxième tote-bag ;
  • Un cordon sponsorisé pour le porte badge.
  • Plus des choses que j'ai donné, genre bouteilles de smoothies OGM...

En plus du tote-bag, on pouvait se réapprovisionner en objets commerciaux à durée de vie hyper limitée dans une salle espéciale : les représentants des sponsors nous attendaient toute la journée pour nous refourguer leur cam'. Et les étudiants, ravis, arborent (innocemment ?) les publicités d'entreprises qu'ils enrichissent déjà...

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Alix (mercredi, 21 février 2018 10:41)

    Ahaha, je vous rassure, même dans les salons "du milieu" (aka assises européennes de la transition énergétique) chacun y allait de son flyer, de son stylo, de son sac en tissus- plastique. Mais qui veut vraiment se balader avec un sac à dos avec un logo énorme d'une boite qu'on connait même pas?!!
    Les petits malins sont ceux qui ont distribué, à la place des flyers des pommes. Mais même pas bio en plus.
    #yadutaf !